Exposition « Images à Crusoé »

Du 21/04/2019 au 19/05/2019
Tous les jours. De 14h30 à 18h30

Abbaye Saint Jean d'Orbestier rue de l'abbaye
Le Château d'Olonne
85180 LES SABLES D'OLONNE

par Delène Bartholdi, peintre né en Vendée.

Comme il se plait à le dire, « la Vendée, pays de tempérance et de racines est aussi une terre bordée de mer et de ciels infinis. Les dunes qui m’ont appris à marcher m’ont donné le goût des sables lointains.»
Après ses études supérieures d’Art à Nantes, la Vendée fut une terre d’envol, un point de départ pour New York, les archipels les plus sauvages et l’Afrique. Si son travail a pris naissance sur sa terre de naissance, l’artiste appartient à cette poignée d’hommes que l’on nomme « les Vendéens voyageurs ».
Son travail est présent et reconnu sur différents continents.

« Lorsque notre raison naufrage dans un monde égoïste, les îles sont là pour servir de refuge, terres d’asile à notre imagination pour faire trotter notre cœur lorsque l’ennuie assaille notre esprit. Dépositaire du passé et du futur, elles sont le lieu de rencontres privilégiées où les contradictions s’effacent, où le temps rejoint l’espace . »
La porte franchie de l’abbaye restaurée, l’exposition nous rappelle le lien que sa peinture entretient avec son obsession, toujours la même. Son attrapeur d’absolu de New York des années 1990 est présent dès l’entrée, il s’impose toujours, d’autant de détermination .

L’artiste déclare : « Ce thème de mes Images à Crusoé est en résonance avec ce qu’il m’a été, il y a quelques années, urgent d’écrire : un roman sur la difficulté de se renouveler, non pas en tant qu’artiste, mais nous tous, hommes et femmes.
Le choix d’une île fut le lieu de prédilection à ce dessein afin de me mesurer à mon désir de peindre, de dire mes sentiments en un vocabulaire renouvelé. Adepte de la gravure depuis les beaux arts, ce moyen en tant que miroir, (inversion droite gauche et son lot d’accidents révélateurs) comme des lapsus, m’a semblé le médium le plus dynamique pour échapper à nos sourdes habitudes, nos traîtresses manies, trop habiles parfois pour être honnêtes…
Pour nous artistes, pour nous tous hommes et femmes. Le mythe d’Icare révolu, il m’était nécessaire de repérer celui d’une reconstruction possible après la chute, une nécessité toute humaine...».

Ce retour à l’île propose un thème où l’image de la graine est omniprésente. Selon son cycle depuis son germe jusqu’à ses racines, ces transformations, célèbrent dans une incandescence de couleurs les ruptures entre la terre et le ciel.
Ces gravures subconscientes parfois, sont scellées dans des empreintes : sillons gravés peut en écho du lieu de la graine. Où le fruit peut mûrir un nouveau germe. Ainsi de son Attrapeur d’absolu, son Icare déchu, Delène Bartholdi arpente un nouveau territoire.
Lianes, végétations tropicales, grèves assourdies du bruit du vent, taches solaires dans la poussière, les fécondations se multiplient, enrichissent nos réflexions et sa palette de peintre . A n’en pas douter, la gravure lui a permis de fouiller en cette autre façon, le clair obscur de son inconscient, la matière, le partager…
Grâce à la sérialité du tirage répété, l’image revient, se multiplie en une sur-impression - comme rétinienne - en solarisations déclinées de métamorphoses pour en réinventer une autre façon de penser la réalité - en un autre regard. Il fait nul doute que ces différentes techniques, proposent une sensation neuve, nouvelle, ajoutée son travail de peintre et nous - de regardeurs.

Si l’on pouvait résumer l’exposition de Delène Bartholdi, toutes ces images en marge de son roman l’île d’elle évoquent une éphéméride, un carnet de son propre voyage, une quête pour se réapproprier la lassitude qui guette chaque créateur, chaque homme, chaque femme en quête.
Les pages se lient entre elles, interrogent notre essentiel besoin de vie et de partage. Celui de la transmission aussi. Un vaste grenier de la mémoire où nos raisons d’être à sois, à l’autre, s’imposent en un lien de la main à l’esprit.

Son travail n’est pas iconoclaste, il s’appuie souvent sur des pages d’encyclopédie, d’archives de la mémoire pour s’en servir de repères à nos égarements d’hommes et de femmes, mieux envisager l’avenir en cette conscience du passé.
Cette abbaye Saint-Jean d’Orbestier s’impose bien au delà de son enveloppe de pierre. Le travail de Delène Bartholdi la respecte, l’honore. Plus que jamais, le soin de restauration porté à sa mémoire de « phare » justifie sa position de conscience à notre humanité, mais aussi à son rôle un temps qui fut celui de guider les hommes dans leurs égarements, puis leurs grandes traversées sur la mer.

Entrée libre.

Dernière mise à jour : 15/04/2019 à 14h53

Caractéristiques

  • Type d'évènement
    • Intérêt départemental
  • Catégorie
    • Exposition
  • Situation
    • A l'abri
  • Thèmes
    • Peinture